Kinshasa, République démocratique du Congo

Évaluation · Terminée

OIM - Evaluation finale du projet - Lutte contre l’esclavage moderne dans les sites miniers du Nord et du Sud-Kivu

Du 01/07/2025 au 31/08/2025 · Mise à jour 15 Apr 2026

OIM - Evaluation finale du projet - Lutte contre l’esclavage moderne dans les sites miniers du Nord et du Sud-Kivu

Le projet « Lutte contre l’esclavage moderne dans les sites miniers du Nord-Kivu et du Sud-Kivu » s’articulait autour du renforcement des capacités des autorités locales, des forces de sécurité (notamment la police des mines), de la société civile et des opérateurs miniers artisanaux. L’OIM a notamment appuyé l’élaboration d’un projet de loi sur la traite des personnes, formé 248 agents de la police minière, soutenu la mise en place de comités locaux de sécurité, et contribué à l’élaboration d’un mécanisme national d’orientation pour les victimes de traite (VoT) ainsi que leur assistance.

Le projet a également participé aux efforts de la RDC pour se conformer aux normes internationales en matière de diligence raisonnable dans les chaînes d’approvisionnement responsable en minerais provenant de zones de conflit ou à haut risque en passant par la qualification des sites miniers regorgeant les minerais du 3T qui sont notamment le Tin(étain), le Tungstène et le Tantale. Pour illustrer l'étendue du problème[1], même en RDC, où le MCR (Manuel de Certification Régionale) a été adopté, la faible capacité a entraîné la lenteur du déploiement des inspections de sites miniers. Avec plus de 1500 sites miniers relevant de son champ d'application, effectuer des inspections sur chacun d'entre eux sur une base annuelle aurait été une tâche herculéenne. La réalité est bien plus proche d'environ 600 sites inspectés en huit ans, seules quelques mines ayant été inspectées plus d'une fois. C’est ainsi que l’OIM, à travers son projet « Lutte contre l’esclavage moderne dans les sites miniers du Nord-Kivu et du Sud-Kivu », a appuyé la qualification de 30 sites miniers à Kamituga (Wamuzimu) et 32 à Walikale en 2022.

En contribuant à la prévention de la traite, à la protection des victimes et à la poursuite des trafiquants, il s’inscrit pleinement dans la réalisation de la cible 8.7 des Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies visant à prendre des mesures immédiates et efficaces pour éradiquer le travail forcé, mettre fin à l'esclavage moderne et à la traite des êtres humains et garantir l'interdiction et l'élimination des pires formes de travail des enfants, y compris le recrutement et l'utilisation d'enfants soldats, et, d'ici à 2025, mettre fin au travail des enfants sous toutes ses formes.

Enfin, l’intervention s’est appuyée sur les réussites des programmes précédents et a renforcé les synergies entre l’État congolais et les communautés locales dans le but d’identifier les causes profondes des conflits dans et autour des sites miniers artisanaux et industriels, des initiatives qui relèvent du processus de paix de Nairobi. C’est ainsi qu’en 2024 des ateliers se sont tenus dans les provinces à Kindu, Kalemie et à Kinshasa pouvant réunir des représentants des communautés (mineurs), experts, députés provinciaux, membres des gouvernements provinciaux et de la société civile, et participants de Kinshasa (expert national en ressources naturelles et conflits)

L'objectif global de ce projet était donc de contribuer à l’amélioration de la stabilité et l’accès aux droits de l’homme dans et autour des zones minières de l’Est de la RDC par des interventions visant à réduire la prévalence de l’esclavage moderne, en mettant l’accent sur les femmes et les enfants vulnérables. L'intervention proposée cherchait donc à s'appuyer sur les succès des programmes existants et sur les enseignements tirés dans les domaines de la traite des êtres humains et du commerce illicite des minerais pour lutter contre l'existence persistante de l'esclavage moderne dans les zones minières. Cet objectif sera atteint grâce à une combinaison d'interventions basées sur la communauté et dirigées par le gouvernement. Pour mettre en œuvre cette approche collaborative entre le gouvernement et la communauté, l'OIM a ciblé les trois zones minières artisanales dans lesquelles elle a déjà renforcé la présence de la police minière congolaise.




[1] Rapport final du projet Madini, nov 2021